11/09/2014

« Les tonneaux vides font plus de bruit »

C’est bien beau de fanfaronner de manière tonitruante pour se mettre en évidence et activer les caresses mielleuses sur Internet. Mais à côté de cela ? Où sont les actes ?

 

100 chevaux sur l'herbe,hippophagie,campagne médiatique,gâchis,mystificationLe président de l’asbl 100 chevaux sur l’herbe nous gratifie de temps à autre d’un de ses textes théâtraux qui, lorsqu’on les décortique un tantinet, sont constitués des mêmes sempiternelles répétitions et finalement, n’ont en commun qu’une seule conclusion : « donnez-moi des sous ».

 

C’est désolant de constater que le président d’une association nantie d'une telle visibilité médiatique et se voulant aussi importante et incontournable, puisse galvauder un tel potentiel au détriment de toute la protection des équidés.

 

Il s’agit là d’une opinion qui doit certainement révulser l’estomac de certains lecteurs mais quand on y regarde de plus près, c’est néanmoins une évidence : en termes de résultats, il n’y a pas grand-chose à voir et des associations nettement moins visibles, moins importantes en terme d’infrastructures, moins soutenues par le public et disposant de moyens limités, engrangent des résultats bien supérieurs toutes proportions gardées.

 

Quant au manque de réalisme et de vision à long terme… Difficile de faire pire.

 

Le texte peut être consulté dans sa forme originale ICI

 

Analyse :

 

Bon, c’est bien, c’est un joli texte pour certains parce qu’il y a de jolis mots , des mots forts et que cela montre que l’auteur est impliqué. Passons les répétitions, les erreurs de syntaxe, le ton employé; bref : la forme.

Sur le fond, il n’y a pas grand chose à trouver et personnellement, le seul message que je découvre c’est que tout le monde s’en fout sauf 100 chevaux sur l’herbe et finalement, ce texte est simplement une ode à l’association de son auteur.

 

Je reste convaincu que le combat contre l’hippophagie ne se gagne pas de front en déclarant simplement : « ne mangez pas les chevaux car ils sont beaux, gentils et que c’est inhumain » ou encore « n’envoyez pas les chevaux à l’abattoir parce qu’ils souffrent et sont tristes d’y aller ».

 

Soyons un peu réalistes ou du moins, essayons de l’être un minimum:

 

Le marché de la viande chevaline est comme tous les autres, soumis à la loi de l’offre et de la demande. Des spécialistes me contrediront si nécessaire mais actuellement, on abat en Belgique, environ 9 000 équidés par année. Compte tenu des chiffres des autres gros animaux de boucherie (bovins : 800 000, ovins : 120 000 et porcs : 11 600 000), la consommation de viande chevaline est beaucoup plus basse et c’est déjà encourageant en soi. (1)
On peut donc déduire que la demande en viande chevaline n’est pas très élevée et donc, qu’il n’est pas vraiment dans les habitudes du belge, de manger de la viande de cheval.

 

Ne serait-il pas plus judicieux, avant de lancer une campagne, de s’interroger pourquoi une proportion de belges s’adonne à l’hippophagie ? Et si l’on veut encore diminuer les chiffres, tenter d’informer différemment ce public par une campagne ciblée ?

 

Soyons plus réalistes :

 

Un monde entier vegan n’existe pas; pas un continent, pas un pays, pas une région, pas une commune n’est entièrement végétarien et, aussi désolant cela puisse-t-il être, ce n’est pas prêt de changer. A moins d’une disparition complète des animaux, une grande proportion d’humain continuera à consommer de la viande. C'est triste, d'accord mais c'est une dure réalité.

 

Supprimer les abattoirs est donc complètement utopique et mener une campagne pour leur disparition est même dangereux pour la protection animale. Vous dites que c’est faux ? La preuve existe : aux Etats-Unis, des associations se sont battues pour obtenir la fermeture des abattoirs d’équidés dans leur Etat. Ils ont gagné et les chevaux n’ont donc plus été abattus dans cet Etat. Non, au lieu de cela, ils ont été transportés sur des milliers de kilomètres, dans de très mauvaises conditions, pour être abattus autre part. Une victoire ?

 

Le vrai combat à gagner, c’est d’obtenir le contrôle indépendant et la transparence avec une réglementation stricte sur les conditions de manipulation, de transport, d’hébergement pré-abattage et d’abattage. Voilà un combat réaliste parmi d’autres et c'est certainement celui à mener prioritairement au lieu de se tortiller sans effet en croyant supprimer l'hippophagie.

 

Quant à l’association 100 chevaux sur l’herbe; son idéal de sauver des chevaux de boucherie peut être critiqué par qui entend le faire mais c’est un choix que je ne fais pas.

Sauver des chevaux de la boucherie est une cause que je rejoins et ce n’est pas uniquement par idéologie mais également parce que cela pourrait constituer un fameux vecteur d’information contre l’hippophagie.


Par contre, on peut largement critiquer le manque de résultats de cette association  uniquement dû à l’entêtement de son président. En admettant qu’elle ait sauvé 300 équidés en 10 ans, cela ne ferait qu’une moyenne de 30 équidés par an. Quand on voit qu’une petite association en a sauvé plus de 50 en 4 années d’existence et en ne disposant que d’une capacité d’hébergement de 12 équidés; il y a matière à réflexion.

 

En dénigrant et en ne pratiquant pas le système d’adoption, on refuse d’augmenter significativement les résultats. Même en considérant un taux d’échec (retours) exagéré de 25%, on passe à côté de 75% de réussite.   

 

Des campagnes inutiles, sans action concrète et uniquement centrées sur le soutien financier d’une association sont vaines et ne rapportent qu’à plus ou moins court terme. Le danger est le leurre d’un nombre de « followers » et de « likers » sur un réseau social qui occulte le nombre de personnes ne désirant pas ou plus offrir leur soutien car ils ne voient aucun résultat concret. Le risque est élevé de voir ces personnes se détourner non seulement d’une association en laquelle ils ne croient pas ou plus mais également de les voir se détourner ensuite de toute la protection animale. 

 

Mon opinion de petit observateur c’est qu’il est vraiment malheureux de voir que le président d’une association d’une telle importance et d’une telle visibilité, se perde en gesticulations ridicules et inutiles au lieu d’assumer le rôle ambitieux qu’il voulait jouer. Au lieu de geindre et de vociférer contre l’afsca, d’autres associations ou leurs représentants, etc… Il ferait mieux de chercher, par des actes réfléchis et en acceptant les compromis, de faire par exemple partie des acteurs du conseil du bien-être animal. L’afsca qu’il décrie tant pourrait devenir un organisme qu’il aiderait dans certaines de ses missions et duquel il recevrait un appui. Nous pourrions même voir le rêve d’une cohésion au sein de la protection animale devenir réalité.

 

Quel gâchis…

 

Source : (1) : SPF Economie http://statbel.fgov.be/fr/statistiques/chiffres/economie/...