06/09/2014

Tout est bon à récupérer

Un peu interpellant cette semaine : une interview du président de l’association 100 chevaux sur l’herbe par la radio Vivacité.

 

Titre de l’interview : « l’asbl 100 chevaux sur l’herbe réagit au nombre croissant de maltraitance envers les chevaux »

 

A écouter en cliquant ICI

 

Le choix de cette radio est peu judicieux et franchement discutable.

En effet, cette réaction est sensée faire suite à l’actualité récente parlant de la hausse des cas de maltraitance et de la surpopulation dans les refuges.

 

En écoutant les propos de M. Beelen, on ne découvre rien concernant la maltraitance, il parle d’abandons et de tentatives de particuliers pour abandonner leurs équidés à des associations. Il en profite au passage pour rejeter en partie la faute sur l’afsca et parler d’un retour d’adoption.

 

La réaction est tout à fait hors sujet (relire le titre de l’interview) mais elle permet une petite promo gratuite et la journaliste ne manque pas de tendre la perche : « comment vous aider? »

La réponse est connue : en donnant des sous.

 

Allez, un peu de détails :

 

Question : « vous êtes donc,on peut le dire, directement concerné par le constat alarmant qui a été relaté par la presse cette semaine; à savoir: la surpopulation en équidés des refuges. »

 

Une réponse honnête aurait vraisemblablement été : « non, pas tout à fait puisque la presse parlait des cas de saisies pour maltraitance et que notre association n’est pas concernée puisqu’elle n’est pas agréée en tant que refuge. »

 

La réponse donnée : « absolument, nous avons vraiment un afflux et presque vertigineux de demandes d’accueil d’équidés ici au refuge. »

 

A décharge du président de 100 chevaux sur l’herbe, c’est la journaliste qui sort du sujet en l’interrogeant sur l’explication du nombre d’abandons.

Mais si M. Beelen commence à répondre à cette question en parlant de la crise, il enchaîne vite sur son sujet favori : « c’est à cause de l’afsca ».
Chacun notera que dans toute la protection animale, M. Beelen est le seul à faire un rapport de cause à effet entre les contrôles menés par l’afsca et les abandons d’animaux.
Suis-je donc seul à penser que c’est peut-être parce qu’il a eu des démêlés avec cet organisme ?

 

Quant à l’interrogation sur un éventuel permis de détention d’équidé; là, je suis admiratif devant la pirouette mais je m’interroge encore plus concernant la pertinence des propos !
M. Beelen se borne à citer un exemple sensé illustrer le fait que certaines personnes ne sont pas dignes de détenir un équidé. Son exemple parle simplement d’un retour d’adoption. Il n’est nulle part mentionné que ce retour fait suite à des maltraitances mais plutôt que les adoptants n’étaient plus intéressés parce que les enfants avaient grandi.

 

En suivant cette logique, un éventuel permis de détention devrait se borner à un engagement pour la vie et à des débours financiers importants ?

 

Pour terminer, le beau mensonge permettant de récupérer un soutien financier :

 

Question : « vous l’avez dit, vous êtes aussi victime de cet afflux massif d’équidés chez vous. Comment faire pour vous aider si on le souhaite parce que je suppose que, qui dit afflux massif dit aussi frais supplémentaires ? »

 

Une réponse honnête aurait vraisemblablement été : « non, nous ne sommes pas concernés puisque nous n’acceptons pas les abandons et il serait donc dans ce cas, plus judicieux d’aider les associations qui les prennent en charge. »

 

La réponse donnée : « beh oui, cette année nous avons recueilli plus de 15 nouveaux équidés ici au refuge; des équidés qui eux, étaient abandonnés au stade terminal, ils partaient à l’abattoir… »

 

Eloquent, tout simplement. 

 

N’aurait-il donc pas été plus judicieux d’interroger un vrai refuge agréé ? Pour rappel, c’est vers ces refuges agréés que se tourne le SPW pour placer des animaux maltraités faisant l’objet d’une saisie. 

On sait également que 100 chevaux sur l’herbe ne recueille aucun équidé abandonné mais rachète systématiquement des animaux de boucherie. Pourquoi donc parler des appels des candidats à l’abandon puisqu’ils se soldent tous par une fin de non recevoir ?

 

En attendant, les vrais intervenants dans les cas de maltraitance, n’auront pas bénéficié de cette jolie publicité gratuite et c’est bien dommage.

 

Le président de 100 chevaux sur l’herbe aurait-il ses entrées à cette station de radio parce que, quelques années auparavant, il a accepté d’héberger un cochon de Guinée dont la fille d’un animateur de cette radio ne voulait plus ? En constatant l’incohérence entre le titre de l’interview et son contenu, on ne peut que s’interroger.

 

 

Quoi qu’il en soit, ce que l’on peut retenir de cette interview, c’est qu’elle ne cadrait pas avec l’actualité et donc, avec son titre mais aussi, que le président de 100 chevaux sur l’herbe ne fait vraiment pas preuve d’honnêteté et ne s’attache pas à recadrer le sujet.

 

Toujours aucun progrès en gestion de la communication.