15/09/2014

Disciplus Simplex : épisode 1

Episode 1 : le chevalier des temps modernes

 

 

A l’instar de nombreux autres sans doute, je garde beaucoup de souvenirs de la période passée en tant que bénévole au sein de l’association 100 chevaux sur l’herbe et même si cette page est à présent tournée, je ne tiens pas à les effacer de ma mémoire. Avec du recul, je pourrais considérer que m’être engagé dans cette voie pouvait constituer une erreur au vu des blessures et des déboires vécus mais je n’éprouve aucun regret d’avoir tenté cette expérience. Au contraire, j’en tire des enseignements très profitables.    

 

Lorsque j’ai offert mes services afin d’aider cette association, j’étais très motivé par la perspective de devenir bénévole et, pour faire le parallèle avec l’article précédent, je dirai que j’étais convaincu que c’était ce qu’il y avait de mieux à faire pour servir une cause en laquelle je croyais. En termes de compétences, je n’ai jamais eu la prétention de m’ériger en expert mais je n’étais certainement pas dénué d’expérience en matière de travaux d’écurie et de manipulation de chevaux. Quoi qu’il en soit, je suis arrivé là avec l’intention de mettre mon temps libre et mes bras à disposition en me contentant de suivre les directives reçues et en respectant les méthodes de travail établies.

 

Bien qu’ayant toujours aimé et respecté les équidés, je n’avais jusqu’alors aucune expérience de la protection animale vue de l’intérieur et 100 chevaux sur l’herbe était d’ailleurs la première association que j’aie visité. Comme pour beaucoup d’autres avant moi, je suppose, j’ai immédiatement eu envie de prendre soins de tous ces chevaux et d’aider à assurer leur bien-être.

 

Lors des premiers contacts, j’ai été conquis par le personnage du président de l’association. Je le percevais alors comme un genre de chevalier des temps modernes tentant par tous les moyens de s’opposer à une terrible injustice. A ce moment, il m’est apparu comme une belle personne; un homme charismatique et bienveillant qu’il fallait soutenir pour défendre au mieux la cause des équidés.

Le premier jour, l’homme m’a tendu une main chaleureuse en m’accueillant avec le sourire; il était apparemment ravi de me voir rejoindre l’équipe et j’ai eu le sentiment que je n’aurais aucune difficulté à m’intégrer.
Il m’a reçu dans la cuisine de son habitation; c’est là que l’équipe se réunissait chaque matin pour discuter des tâches et de leur répartition autour d’une tasse de café. Une rapide présentation, quelques questions pour savoir qui j’étais, ce que je faisais, quelle était mon expérience avec les chevaux et il ne restait plus qu’à me rendre aux écuries pour ma première journée.

Son discours concernant la protection animale était convaincant et avec le recul, je me rends compte qu’il consistait avant tout à sensibiliser et émouvoir son auditoire afin de hisser ensuite le personnage sur un piédestal d’où il apparaissait comme le seul vrai héros de la protection des équidés. Un chevalier blanc en proie à d’immenses difficultés qu’il fallait aider dans son combat de chaque jour. Une des caractéristiques de ses histoires, est celle de toujours placer son association comme l’unique véritable oeuvre digne de ce nom en Belgique; une oeuvre jalousée, copiée et sans cesse cible d’attaques de toutes part. En l’écoutant, on se prend vite de passion pour « le refuge » et je suppose que ne rien connaître des autres associations m’a peut-être rendu plus crédule et à donc renforcé ma conviction de devoir m’investir au mieux pour cette asbl en particulier.

 

bénévole,100 chevaux sur l'herbe,président,image de soiJ’ai rapidement pu constater que le président de 100 chevaux sur l’herbe avait une très haute opinion de son personnage. Il se dépeignait comme un autodidacte s’étant « fait par sa plume », trahi par des rivaux sans scrupules l’ayant évincé de la première association qu’il avait créée. Il se targuait d’une expérience de trente ans avec les équidés et s’estimait donc implicitement être un « homme de cheval ». Il se disait fervent adepte des principes bouddhistes et donc, respectueux de toute créature; humains compris. Une chose semblait également évidente : il était hostile à toute discipline équestre; pour lui, le cheval était fait pour s’ébattre librement.

Et j’ai tout gobé… Les belles paroles, les valeurs qui en ressortaient; j’ai tout avalé. Le fait d’être là, au milieu des chevaux et ému par leur vécu a-t-il eu une influence ? Peut-être mais quoi qu’il en soit; j’ai considéré le personnage comme un paladin des temps moderne qu’il fallait suivre et soutenir. Cela a perduré un bout de temps même si quelques faits ont craquelé le vernis du personnage et il m’aura fallut longtemps avant d’ouvrir les yeux et voir tomber le masque.

 

 

A suivre…